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« Mediapart » dénonce une « censure préalable » avant la publication d’une nouvelle enquête sur le maire de Saint-Etienne

« Un acte judiciaire sans précédent de mémoire de journaliste comme de juriste », selon le directeur de la publication de Mediapart, Edwy Plenel. La justice a interdit au site d’information de publier une nouvelle enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, après ses précédentes révélations de chantage présumé à la vidéo intime, a déploré lundi 21 novembre le média d’investigation, en dénonçant une « censure préalable sans précédent ».

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Cette ordonnance du tribunal judiciaire de Paris a été rendue en urgence, vendredi 18 novembre, à la demande de M. Perdriau, selon Edwy Plenel, auteur d’un billet sur le sujet. La requête déposée le même jour par l’avocat du maire de Saint-Etienne, Christohpe Ingrain, constitue pour le journaliste une « censure préalable alarmante » reposant sur une « procédure totalement étrangère au droit de la presse ».

M. Plenel détaille :

« “Mediapart” n’était pas informé de cette procédure et l’ordonnance a été prise par une juge sans que notre journal ait pu défendre son travail et ses droits. (…) [L’ordonnance] nous a enjoint “de ne pas publier sous astreinte de 10 000 euros par extrait publiéde nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Etienne, appuyées notamment sur les mêmes enregistrements qui nous ont permis de révéler le scandale du chantage à la sextape dont a été victime son premier adjoint centriste, Gilles Artigues. »

« Recours à la rumeur » contre Laurent Wauquiez

D’après le site, M. Perdriau a invoqué « une atteinte à la vie privée » pour demander à la justice la non-publication de cet article. Le journaliste auteur de l’enquête l’avait au préalable sollicité pour avoir sa position sur les « faits nouveaux » que devait relater l’article.

Dans son article, Edwy Plenel précise que les faits objet de la nouvelle enquête « mettent en cause les pratiques du maire de Saint-Etienne, notamment dans le recours à la rumeur comme instrument politique ». « Cette fois, leur victime est une personnalité notable de la droite, Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes », ajoute-t-il.

« Nos avocats mettent en œuvre tous les recours juridiques possibles pour mettre fin rapidement à cette censure », prévient M. Plenel, faisant le parallèle avec une autre décision de justice prise début octobre par le tribunal de commerce de Nanterre. Poursuivi par le groupe Altice pour avoir publié des articles fondés sur des documents volés par des pirates informatiques, le site d’information Reflets s’est vu interdire d’en faire paraître d’autres. L’audience d’appel aura lieu mercredi à Versailles.

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Le Monde avec AFP

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