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Cyril Hanouna, de trublion à tribun populiste

Cyril Hanouna, sur le plateau  de « Touche pas  à mon poste !  »,  à Boulogne (Hauts-de-Seine), le 30  septembre 2021.

On avait rarement vu ça : cette semaine, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a pris deux décisions à propos de deux séquences d’une même émission, présentée par le même animateur et diffusée sur la même chaîne. Vendredi 18 novembre, l’Arcom a mis C8 en demeure pour « manquement à l’obligation de traiter avec mesure une affaire judiciaire en cours », et méconnaissance de « l’obligation de respecter l’expression des différents points de vue à l’antenne sur un sujet prêtant à controverse ».

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Après la mort de la jeune Lola, tuée le 14 octobre dans le 19e arrondissement de Paris, Cyril Hanouna avait surfé sur l’émotion générale en déclarant, dans son émission « Touche pas à mon poste ! » (« TPMP ») : « Pour moi, le procès doit se faire immédiatement (…). C’est perpétuité directe, il n’y a même pas de discussion. » Ou encore, à propos de la principale suspecte du meurtre : « Pour moi, elle n’a pas droit à une défense. » Des opinions exprimées « sans qu’une contradiction rapide et efficace lui soit opposée », relève l’ex-CSA dans un communiqué.

La veille, l’instance s’en était remise à un rapporteur indépendant pour instruire une autre séquence : celle du 10 novembre, lorsque l’animateur avait insulté le député de La France Insoumise Louis Boyard, provoquant un tollé général.

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Les habitués de l’émission, eux, n’auront pas été surpris par la séquence. Depuis des années, l’animateur déploie une stratégie de la toute-puissance fondée sur le buzz permanent, qui l’autorise à narguer son autorité de tutelle, l’Arcom, et l’encourage à concurrencer le pouvoir politique, avec le soutien des moyens économiques considérables du propriétaire de C8, Vincent Bolloré.

Clashs et humiliations

Depuis son arrivée sur C8 en 2016, le divertissement, apparu sur France 4 en 2010, multiplie les altercations, les clashs et les humiliations, suscitant l’indignation d’une partie du public et obligeant l’Arcom à s’en emparer à intervalles plus ou moins réguliers. « Les tartuffes qui font mine de s’étonner aujourd’hui de la vulgarité d’Hanouna sont les mêmes qui salissent la politique et le débat public pour y répandre leur populisme mortifère », cingle l’humoriste de France Inter Sophia Aram, qui pointe depuis longtemps les excès de l’animateur.

Aux alentours de 21 heures, l’émission rassemble ces derniers temps jusqu’à plus de deux millions de téléspectateurs

Avant les deux avertissements de la semaine, la chaîne avait écopé d’une autre mise en demeure en 2022 (pour publicité clandestine), deux mises en garde et une mise en demeure en 2021, une sanction financière en 2020, etc. Contacté, le groupe Canal+ n’avait pas de commentaire à apporter.

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