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BFM-TV et RMC écartent définitivement Jean-Jacques Bourdin

« Je me suis clairement posé la question de ma participation à cette émission ce soir, en raison de l’ouverture d’une enquête par la justice à la suite d’une plainte déposée contre M. Bourdin pour tentative d’agression sexuelle ». Le 18 janvier, au moment d’étrenner l’émission de BFM-TV consacrée à l’élection présidentielle, Valérie Pécresse avait révélé son embarras : comment répondre sereinement à un journaliste visé par une enquête pour tentative d’agression sexuelle lorsque l’on prétend soi-même défendre la cause des femmes ? Cette humiliation en direct restera comme la fin symbolique de la carrière de Jean-Jacques Bourdin : le groupe Altice a annoncé, vendredi 17 juin, « mettre un terme au contrat de travail de Monsieur Jean-Jacques Bourdin et ainsi cesser toute collaboration ». Une phrase lapidaire qui conclut vingt et un ans de présence au micro de RMC d’abord – depuis 2001 –, puis RMC et BFM-TV ensuite – depuis 2007.

C’est lors d’un déplacement professionnel à Calvi, en 2013, que le présentateur vedette aurait tenté d’embrasser la plaignante Fanny Agostini, qui travaillait alors pour la chaîne. Quelques jours plus tard, le 17 février 2022, une autre femme, restée anonyme à ce jour, avait à son tour déposé une plainte pour agression sexuelle, harcèlement et exhibition sexuelle, des faits qu’elle datait de 1988. Les deux fois, Jean-Jacques Bourdin avait contesté la réalité de ces accusations et les plaintes avaient été classées, non pas parce que les faits n’étaient pas avérés (aucune investigation n’a été menée), mais parce qu’ils étaient prescrits. De son côté cependant, la direction de NextradioTV avait lancé une enquête interne, afin de recueillir d’éventuels témoignages contre le journaliste.

Lire aussi : L’enquête visant Jean-Jacques Bourdin a été classée sans suite

D’après une source interne, celle-ci n’aurait pas fait émerger la nécessité d’engager des poursuites contre Jean-Jacques Bourdin. En revanche, des « comportements tels que décrits dans des articles de presse » auraient convaincu le groupe Altice de se passer définitivement des services de son présentateur star. Des témoignages recueillis par Le Monde décrivent, par exemple, l’utilisation (ancienne) de son compte professionnel Twitter, en partie géré par des collaborateurs, à des fins de séduction dont nul n’aurait dû avoir connaissance. Chacun savait, en outre, que son nom était cité dans le dossier du Carlton, cette affaire de proxénétisme impliquant notamment Dominique Strauss-Kahn. Nombre de ses collègues témoignaient, toutefois, d’un climat de travail « sympa » avec le matinalier. Alors qu’il avait quitté RTL depuis quelques mois, où il avait notamment présenté Les auditeurs ont la parole, Jean-Jacques Bourdin avait été la pièce maîtresse de la relance de RMC par Alain Weill, après son rachat, en 2001.

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