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Poursuivi pour avoir accusé le média RT France de « manipulation », un chercheur a été relaxé

Accusé d’être un instrument de « désinformation » de Moscou dans sa guerre contre l’Ukraine, le média RT a l’interdiction d’être diffusé dans l’Union européenne depuis le 2 mars.

Poursuivi en diffamation par la chaîne de télévision détenue par l’Etat russe, RT France (ex-Russia Today), pour avoir évoqué une « manipulation de l’information » et des « falsifications », le chercheur Jean-Baptiste Jeangène Vilmer a été relaxé, vendredi 27 mai, par le tribunal judiciaire de Paris.

Directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), qui appartient au ministère des armées, M. Jeangène Vilmer était visé pour cinq messages publiés sur le réseau social Twitter en septembre 2018. Dans l’un des messages, il visait les deux médias d’Etat russes RT et Sputnik, interdits de diffusion dans l’Union européenne depuis le 2 mars : « RT et Sputnik (…) inventent fréquemment des faits, falsifient des documents, des traductions ou des interviews ». Le chercheur citait en exemple la « falsification » de la traduction d’un reportage sur la Syrie, objet d’une mise en demeure du CSA en juin 2018.

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Si trois des cinq tweets présentent bien un caractère « diffamatoire », le tribunal judiciaire de Paris a relevé que la « désinformation » constituait « un sujet d’intérêt général », que le chercheur n’avait pas fait preuve d’« animosité personnelle », et qu’il disposait d’une « base factuelle suffisante lui permettant de croire légitimement à ce qu’il écrivait ». Les avocats du chercheur de l’Irsem avaient fourni, en appui, 70 exemples où les chaînes du groupe RT avaient, selon eux, fait preuve de désinformation.

Pas de « volonté de tromper le téléspectateur », selon RT France

Lors de l’audience qui s’est tenue, le 17 mars, Jean-Baptiste Jeangene Vilmer avait expliqué que les tweets incriminés s’inscrivaient dans un « fil » rédigé en réponse au « feu roulant de critiques » des médias et des autorités russes après la publication du rapport « Les manipulations de l’information. Un défi pour nos démocraties », dont il est le co-auteur. Le chercheur avait qualifié ses propos de 2018 de « consensuels » et dénoncé l’« intimidation judiciaire » pratiquée, selon lui, par cette chaîne.

L’avocat de RT France, qui n’avait pas de représentant à l’audience, avait, lui, plaidé en mars l’« erreur technique » pour le reportage incriminé et démenti toute « volonté de tromper le téléspectateur ». En conclusion de la séance, le parquet n’avait pas demandé de condamnation, estimant que les propos incriminés n’étaient « pas attentatoires à la liberté d’expression », car ils « s’inscriv[aient] dans le cadre d’un débat d’intérêt général ».

Le tribunal a, en revanche, refusé la demande de dommages et intérêts du chercheur, qui estimait que la plainte de RT France relevait d’une « procédure abusive ».

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