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des résultats 2021 bénéficiaires et de nouveaux investissements

Depuis plusieurs années, nous avons pris l’habitude de partager avec vous la situation économique du Groupe Le Monde, l’évolution de sa rentabilité, ses réussites, ses difficultés, mais aussi les enjeux auxquels nous sommes confrontés et auxquels nous devons apporter des solutions solides et durables pour conforter notre indépendance et la qualité de notre production éditoriale.

  • Une situation contrastée en ce début d’année 2022

Le conflit ukrainien et la fin de la campagne présidentielle ont logiquement porté les diffusions payées de plusieurs de nos titres : ainsi, grâce à un nouveau bond du nombre de ses abonnés numériques, Le Monde enregistre une nouvelle hausse de sa diffusion payée en France, tandis que Courrier international voyait sa diffusion en kiosque progresser de 33 % depuis le début de l’année. En parallèle, les revenus de M Publicité marquaient une nette reprise, en hausse de 12 % à fin avril par rapport à la même période de l’an dernier. La fréquentation du site et de l’application du Monde sont aussi en nette progression : sur l’ensemble des journées des deux tours de l’élection présidentielle, notre audience cumulée, proche des 45 millions de visites, nous a placés une fois encore en tête du classement des sites d’information.

Et pourtant cette croissance de notre activité, qui fait suite à une année 2021 au cours de laquelle le Groupe Le Monde aura enregistré des résultats en progression, est d’ores et déjà menacée par une explosion de nos coûts de production. En effet, à l’instar de beaucoup de secteurs économiques, notre industrie connaît une inflation très forte de ses coûts à cause de la hausse des prix de l’énergie et d’un doublement, en l’espace d’un an, des tarifs du papier, qui s’ajoute à des difficultés récentes d’approvisionnement. Ces pénuries sont le résultat de deux phénomènes : d’abord la hausse des tarifs de l’électricité, dont les usines de pâte à papier sont très consommatrices, mais aussi la raréfaction des capacités de production de papier, beaucoup d’usines ayant fermé ou s’étant réorientées vers la fabrication d’emballages en carton, que la vente par correspondance utilise en grande quantité. Un chiffre est particulièrement marquant : en 2022, la hausse des coûts du papier devrait coûter à notre groupe 7 millions d’euros, soit les deux tiers de son résultat net 2021.

  • Continuer à investir et élargir le périmètre de notre activité

Dans le contexte décrit ci-dessus, cela est primordial. C’est d’ailleurs ce que nous nous sommes efforcés de faire dès ce premier trimestre 2022. Pour notre groupe, l’année a commencé par l’acquisition auprès de la société BuzzFeed des parts majoritaires dans le site Le HuffPost France, dont nous détenions, depuis sa création en 2012, 34 % du capital. Le Groupe Le Monde possède désormais 85 % du capital de ce site d’information, qui a trouvé son équilibre économique et totalise près de 35 millions de visites mensuelles (en augmentation de 30 % par rapport à mars 2021), avec une rédaction de 35 journalistes.

En ce début d’année, nous avons également mis l’accent sur les innovations éditoriales, d’une part avec le lancement du « Goût de M », un trimestriel conçu par les équipes de « M Le magazine du Monde », et d’autre part avec la création du Monde in English, une déclinaison anglophone, qui prend la forme d’un site d’information, de la production éditoriale du Monde. Ce projet, soutenu par nos actionnaires, préparé intensément au cours des six derniers mois et lancé quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, vise à donner accès aux audiences anglophones à près des deux tiers de la production éditoriale du Monde, traduits par des traducteurs professionnels et édités par une équipe de journalistes recrutés pour ce projet. Le monde anglophone est celui dans lequel l’usage de l’abonnement numérique est le plus développé, comme le démontrent les succès du New York Times et du Washington Post.

Nous sommes convaincus qu’une partie de ces lectrices et de ces lecteurs, aux Etats-Unis mais aussi dans de nombreux pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie, peut être intéressée par un autre regard sur l’actualité française, européenne et internationale, par notre couverture des transformations de la société, de l’économie, de la crise climatique à laquelle chacun de nos pays doit faire face, par la couverture de la culture comme de la transformation de nos modes de vie. Sur chacun de ces sujets, Le Monde a considérablement renforcé ses moyens avec une rédaction passée, en onze ans, de 310 à 520 journalistes en CDI. Avec ce projet, Le Monde renforce sa capacité à atteindre notre objectif de 1 million d’abonnés numériques avant 2025 et, plus largement, à offrir une alternative européenne aux lecteurs férus d’actualité.

  • Un modèle économique robuste, des diffusions en hausse

C’est d’abord parce que ses résultats en 2021 ont montré la solidité retrouvée de son modèle économique que Le Monde peut assumer durablement cet investissement budgété à hauteur de 3 millions d’euros par an. L’année dernière, le Groupe Le Monde aura enregistré un résultat d’exploitation de + 18,4 millions d’euros et un résultat net de + 9,5 millions d’euros. Cette solidité financière rétablie est le résultat d’une profonde transformation de notre modèle économique et du poids désormais prépondérant des revenus venant de nos lecteurs, à hauteur de 70 % de nos recettes totales. Cette croissance de nos diffusions a été distinguée le mois dernier par l’ACPM, qui a remis à Courrier international, pour la deuxième année d’affilée, une étoile pour sa diffusion payée en forte croissance, et au Monde trois étoiles pour récompenser à la fois la croissance de son audience numérique, celle de sa diffusion payée et la constance de sa progression au cours des cinq dernières années.

Parmi ses sources de revenus, on notera cette année encore la croissance des abonnements numériques du Monde, qui atteignent, pour l’année 2021, 48 millions d’euros, soit 28 % du chiffre d’affaires de la Société éditrice du Monde et 16 % du chiffre d’affaires total de notre groupe. Pour la première fois depuis longtemps, la Société éditrice du Monde affiche un bénéfice opérationnel qui lui permet de réinvestir dans des projets de développement, mais aussi de soutenir les développements numériques de notre pôle magazines. Enfin, parmi les efforts dont nous sommes particulièrement fiers, on notera que la réussite des développements numériques du Monde s’est faite en même temps que nous réduisions de plus de 20 % l’empreinte carbone de notre site en 2021. Construire une croissance durable et responsable est aussi une exigence que nous portons.

  • De nouveaux formats, de nouveaux droits

Dans les prochains mois, de nouveaux formats numériques, vidéo ou audio, seront développés par Courrier international, Télérama ou Malesherbes Publications. Destinés à conquérir de nouveaux publics, ils ont pour objectif de nouer une relation avec les plus jeunes générations, par le biais de plates-formes telles que Snapchat, TikTok, Spotify ou YouTube. Nous sommes convaincus que c’est là où les plus jeunes ont pris l’habitude d’échanger et souvent de s’informer qu’il faut commencer à jouer notre rôle de média produisant des informations fiables et indépendantes, adaptées à ces nouveaux modes d’expression, sans jamais transiger avec la qualité de notre journalisme. Cette relation de confiance pourra ensuite se traduire par la lecture de nos contenus dans des formats plus classiques. Cette fidélisation précoce de jeunes lecteurs produit d’ores et déjà des effets visibles parmi nos lecteurs abonnés, dont la moyenne d’âge n’a cessé de baisser depuis trois ans.

L’année 2021 aura vu aussi se mettre en place les premiers accords dits « de droits voisins », dans le cadre de la loi du 24 juillet 2019, tendant à créer ce droit particulier au profit des agences de presse et des éditeurs de presse. Son entrée en vigueur, rétroactive au mois d’octobre 2019, donne aux principaux éditeurs de presse de nouveaux moyens de financer leurs investissements et la transformation de leur modèle. Conformément à la loi, le Groupe Le Monde a entamé avec les organisations syndicales des discussions afin de s’accorder sur un montant qui serait reversé à ses journalistes.

  • Des résultats positifs, un actionnariat simplifié

Avec ce résultat net positif, notre groupe reconstitue patiemment ses fonds propres. Depuis 2010, le soutien de nos actionnaires et la mobilisation des équipes du groupe nous auront permis de progressivement construire notre modèle économique et de restaurer, dans le strict respect de notre liberté éditoriale, notre autonomie de financement. C’est cet effort conjoint que récompensent nos résultats à nouveau bénéficiaires. En 2021, sur un chiffre d’affaires total de 307 millions d’euros, la part des subventions publiques reste marginale, puisqu’elle s’élève à 2,6 millions d’euros, auxquels se sont ajoutés 600 000 euros de soutien après la liquidation de notre messagerie Presstalis.

Enfin, parallèlement au redressement des comptes du groupe, l’année 2021 a permis d’avancer un peu plus vers une simplification de notre actionnariat autour de deux entités structurantes : le Fonds pour l’indépendance de la presse, qui a vocation à rassembler l’ensemble des parts détenues directement ou indirectement jusqu’alors par Xavier Niel, et le Pôle d’indépendance, qui réunit les parts détenues par les sociétés de personnel, la Société des lecteurs et les fondateurs du Monde. En effet, au début de cette année, Xavier Niel a indiqué qu’il avait acquis auprès de Matthieu Pigasse 49 % de la société LNM, actionnaire à hauteur de 26,6 % du Monde libre, et qu’il apporterait également ces titres au Fonds pour l’indépendance de la presse afin de renforcer le poids du fonds de dotation au capital de notre groupe.

Lire aussi Groupe Le Monde : une indépendance capitalistique et financière renforcée

La solidité de nos résultats ainsi que cette stabilité accrue de notre capital constituent des fondations solides pour continuer à élever notre groupe. Dans cette période si lourde en événements majeurs – la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, la crise climatique ou encore les différentes échéances électorales françaises –, ce socle indispensable ne serait toutefois pas tout à fait suffisant s’il n’était encore renforcé par le plus précieux des soutiens : votre confiance. Vous nous l’avez signifiée par le nombre d’abonnements souscrits au cours des derniers mois, mais aussi par la vigueur des témoignages de satisfaction que vous nous avez adressés. Nous savons à quel point ce soutien est exigeant, à quel point il attend de nous un journalisme à la hauteur des bouleversements si intenses qui secouent notre monde et nos existences. Soyez assurés que nous continuerons à fournir tous les efforts pour nous montrer dignes, jour après jour, de cette confiance.

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