Des nouvelles

Au Sénat, la commission d’enquête sur la concentration des médias tourne à l’épreuve de force

Bernard Arnault (LVMH), lors de son audition au Sénat, devant la commission d’enquête sur la concentration des médias, à Paris, le 20 janvier 2022.

Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère, Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde), Martin Bouygues : le casting de la commission d’enquête sur la concentration des médias, qui a commencé, au Sénat, le 24 novembre 2021, et qui se refermera avec Bruno Le Maire et Roselyne Bachelot le 24 février, est inédit. Alors que les auditions (environ 80 personnes entendues, plus de cinquante heures d’échanges) ne sont pas encore terminées, la question de son débouché se pose cependant déjà. Les 21 sénateurs qui composent cette commission, inspirée par les inquiétudes provoquées par les rapprochements en cours de TF1 avec M6 et de Lagardère (et Prisma) avec Vivendi, voteront-ils le rapport final, seule façon d’en rendre les conclusions publiques ?

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Arnaud Lagardère livre une vision personnelle de la prise de son groupe par Bolloré

Voulue par le Parti socialiste, celle-ci n’a jamais emballé Les Républicains. « A l’évidence, le sujet ne relevait pas d’une commission d’enquête », témoigne Jean-Raymond Hugonet (LR). Le sénateur, l’un des plus assidus des travaux, ne voit d’ailleurs pas, à ce stade, « comment on peut atterrir sur un rapport commun ». Les tensions apparues entre les groupes politiques n’ont fait que s’accroître au fur et à mesure des débats.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Vincent Bolloré relativise son rôle dans ses médias devant les sénateurs : « Ma capacité à imposer des choses n’est pas très importante »

Cible de toutes les critiques, le sénateur PS David Assouline paie de commencer ses interventions par l’exposé de ses convictions, laissant supposer que celles-ci sous-tendent l’esprit du dispositif. « Depuis le départ, la commission a un objectif : démontrer que l’indépendance des médias et la capacité du citoyen à s’informer sont menacées, fustige ainsi Max Brisson (LR). Le ton, la teneur des propos n’engagent pas tous les sénateurs, en particulier pas ceux de mon groupe. » M. Hugonet corrobore : « Pour David Assouline, l’obsession, c’est que Vincent Bolloré soit accusé de tous les maux. »

« Tout le monde n’attendait pas la même chose »

Ces dissensions témoignent de deux visions idéologiques. « On a bien senti, au moment des auditions de M. Bolloré et de M. Arnault, à quel point certains sénateurs se félicitaient de la réussite de ces industriels, alors que d’autres s’inquiétaient de leur poids dans les médias. Un clivage s’est créé », explique Monique de Marco, sénatrice Europe Ecologie-Les Verts. « Je suis fière que vous ayez ainsi bâti un empire de la culture française qui rayonne dans le monde », a ainsi déclaré Evelyne Renaud-Garabédian (LR) à Bernard Arnault, en préambule d’une question qu’on devinait peu dérangeante. « Je vous adresse toutes mes félicitations pour la Fondation Louis Vuitton et les très belles expositions qu’elle organise. C’est un énorme atout pour notre capitale », a ajouté Julien Bargeton (LRM), sur le même ton. De quoi agacer Pierre Laurent (PC), puis le rapporteur de la commission, David Assouline, soupçonnés, sans être directement nommés, de détester tout ce que représentent les auditionnés…

Il vous reste 51.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source link

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Back to top button