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les auditeurs se pressent sur France Inter et fuient Europe 1

France Inter a attiré 55 000 auditeurs supplémentaires en un an et réalisé 12,7 % d’audience cumulée.

Laurence Bloch se frotte les mains. France Inter, la radio qu’elle dirige depuis 2014, a battu un record absolu d’audience sur la dernière vague de novembre-décembre 2021 compulsée par Médiamétrie. La radio généraliste du service public a attiré 6,959 millions d’auditeurs, soit 55 000 auditeurs supplémentaires en un an, et 12,7 % d’audience cumulée.

« Savoir qu’aucune station n’avait jamais atteint ce niveau, c’est la meilleure des réponses que l’on peut faire aux détracteurs du service public », se félicite-t-elle. « On prend nos auditeurs pour des citoyens libres et éclairés : il n’y a pas de clash, pas de tables d’éditorialistes qui ne connaissent pas le terrain, mais de l’info. » Elle assume aussi le recrutement de chroniqueurs comme Alexandre Devecchio (Figaro Vox), Etienne Gernelle (Le Point) ou Natacha Plony (Marianne). « Le 7h/7h30 réalise une des meilleures audiences de la matinale. On avait besoin d’avoir une autre ligne. Mon boulot, c’est de représenter toutes les tendances », déclare-t-elle.

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Une ombre apparaît cependant au tableau : la part d’audience de la station, qui tient également compte de la durée d’écoute de l’auditeur et qui sert de baromètre aux annonceurs, a reculé de 1,1 point, à 13,6 %. « Cela reste un record. L’année dernière, le confinement et le couvre-feu avaient généré des durées d’écoute hors norme », poursuit-elle, alors que la direction de Radio France réfléchit à sa succession, même si officiellement, aucune décision n’est arrêtée et qu’aucune date de départ n’a été communiquée. « C’est un sujet entre moi et la présidente [Sibyle Veil]. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai ma grille d’été », explique Laurence Bloch. Celle qui est entrée à Radio France en 1974, à l’occasion d’un stage, aura 70 ans le 30 août 2022, précise qu’il n’y a « pas forcément de limite d’âge ».

Si France Culture se porte également bien (1,712 million d’auditeurs, soit une audience cumulée de 3,1 %), Franceinfo a reculé d’un point sur un an, avec 8,5 % d’audience cumulée. Chaque jour, 4,68 millions d’auditeurs l’écoutent. « Il y a une forme de lassitude du public vis-à-vis du Covid-19 et ce, alors que la campagne présidentielle n’a pas commencé », justifie Jean-Philippe Baille, le directeur de l’antenne, rappelant qu’en 2021, toute l’attention se concentrait sur la pandémie. Il espère bien se rattraper ce semestre, grâce à l’actualité politique. « C’est un joli score pour le service public d’attirer 15,5 millions d’auditeurs chaque jour, et d’avoir la première, France Inter, et la troisième, Franceinfo, stations de France », assure Dana Hastier, la directrice des antennes de Radio France.

« Prises de risque »

Eternel rival de France Inter, RTL a attiré 6,013 millions d’auditeurs (11 % d’audience cumulée), soit 105 000 auditeurs de moins en un an. Mais son patron, Régis Ravanas, préfère se concentrer sur la fameuse part d’audience, cruciale pour ses recettes publicitaires, qui, elle, a progressé de 0,7 point, à 13,3 %, et qui reflète une augmentation de la durée d’écoute de six minutes par jour en moyenne.

« Nos prises de risque de la rentrée sont payantes », témoigne le dirigeant, citant pêle-mêle l’allongement d’une heure de l’émission de Julien Courbet, le remplacement de Jacques Pradel par Jean-Alphonse Richard pour animer « L’Heure du crime », ou le changement d’horaire de Pascal Praud, désormais programmé à 13 heures. « Sa part d’audience a progressé de 24 % », se félicite Régis Ravanas. Europe 1, la station en difficultés de Lagardère en passe d’être avalée par Vivendi, le groupe de Vincent Bolloré, n’aurait-elle pas envie de faire venir ce proche cousin, qui officie d’abord sur CNews (Vivendi) ? « Joker », répond le patron de la radio.

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Dans le paysage, Europe 1, remaniée à la rentrée 2021, s’enfonce dans des eaux toujours plus profondes. Elle ne comptait plus que 2,279 millions d’auditeurs sur la période novembre-décembre, perdant 448 000 auditeurs. L’audience cumulée a atteint à peine 4,2 % (– 0,8 point) et la part d’audience, 3,4 %. La station continue de pâtir du départ de l’humoriste Nicolas Canteloup, carrefour de la matinale, mais qu’elle a pourtant décidée. Sans que sa nouvelle grille ait pour l’heure porté ses fruits. Pour cette vague, Constance Benqué, sa patronne, n’a pas souhaité s’exprimer. Dans un communiqué, la station préfère déceler un début de reprise de ses après-midi sur « les CSP + par rapport à septembre novembre 2021 ».

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