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Au « Figaro », le cas Eric Zemmour crée un profond malaise

Eric Zemmour (à gauche), dans son bureau du « Figaro », le 16 septembre 2014.

Il y a longtemps, en 2010, Eric Zemmour a failli être licencié du Figaro. Le journaliste, vedette d’une émission de Laurent Ruquier sur France 2, venait de déclarer sur Canal+ : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes C’est un fait. » Le directeur des rédactions d’alors, Etienne Mougeotte, l’avait convoqué à un entretien préalable à un licenciement, avant de faire machine arrière. Eric Zemmour était resté dans les murs, même après sa condamnation pour provocation à la haine raciale, en février 2011. Alexis Brézet, alors à la tête du Figaro Magazine, l’avait accueilli dans son équipe, avant de prendre la succession de M. Mougeotte, écarté après l’échec de Nicolas Sarkozy à décrocher un second mandat présidentiel. Près de dix ans plus tard, Alexis Brézet est toujours en poste, Eric Zemmour est candidat à l’élection présidentielle, et Le Figaro n’en finit pas de composer avec lui.

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Le 1er décembre, au lendemain de la diffusion de sa vidéo d’entrée en campagne, il y avait au moins trois signatures (Vincent Trémolet de Villers, Guillaume Tabard, Alexandre Devecchio), dans le journal et sur France Inter, pour trouver qu’il y parlait juste. Depuis, les éditoriaux indulgents se sont succédé sans discontinuer. « J’aimerais que vous preniez acte que toute la rédaction n’est pas passée à l’extrême droite », supplient cependant nombre de journalistes avec lesquels nous avons échangé, requérant l’anonymat qu’ils estiment nécessaire pour pouvoir s’exprimer librement.

Plutôt heureux jusque-là de faire sereinement leur travail dans un journal prestigieux, en accord avec la ligne éditoriale qui permet à toutes les droites républicaines d’y cohabiter, satisfaits que les différents éditorialistes fassent chatoyer les sensibilités sans en privilégier aucune, beaucoup ne pensaient pas devoir poser un tel préalable un jour. Mais « cette espèce de tolérance qui n’est pas un soutien mais qui s’en approche » (selon les termes de l’une d’entre eux) envers leur ancien collègue obsédé par l’immigration et l’islam suscite le trouble. Elle a même participé à la décision récente d’au moins deux d’entre eux de quitter la rédaction.

« Nous subissons tous, chaque jour, le fait d’être considérés comme travaillant pour le journal de Zemmour », regrettait le Syndicat national des journalistes (SNJ) du Figaro dans un communiqué interne diffusé le 7 décembre, réclamant de savoir si le journaliste désormais candidat à la présidentielle appartenait toujours à la rédaction. « Il ne reviendra pas », a assuré Alexis Brézet, mardi 14 décembre, sur Franceinfo.

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